Gérer les traces d’un choc émotionnel avec la Sophrologie

 

Choc émotionnel

Tout au long de notre vie nous subissons des chocs émotionnels, des traumatismes. En effet, il n’est pas rare d’être touchés, déstabilisés, agressés dans notre quotidien par un événement plus ou moins prévisible. La vie nous réserve à tous son lot de surprises et certaines sont plus ou moins violentes. Je vous propose  de prendre le temps de cet article pour comprendre en quoi la sophrologie nous est utile pour gérer les traces de ces situations.

Les chocs émotionnels œuvrent sans égard dans tous les domaines de la vie. En famille, avec les enfants ou des amis. Les accidents, la maladie, les deuils, les problèmes professionnels, amoureux. Soudain et imprévisible, le choc prend possession d’un moment de notre vie sans nous laisser de choix.

 

Traces

Mais en fait ce que nous affaiblit le plus ce n’est pas ce choc. Ce sont ses conséquences, les traces qu’il imprime en nous. L’après choc. A l’image de Christine qui me racontait combien elle s’était sentie efficace à gérer l’accident de scooter du motard qu’elle avait aidé. Les bons gestes au bon moment, réflexe, présence d’esprit, efficacité à la réaction. Toute l’empathie indispensable et le réconfort des mots et des gestes au blessé qui attendait les secours. Jusqu’à ce que les pompiers arrivent. Qu’ils prennent en charge l’accidenté. Et laisse Christine sur le bord du trottoir. C’est là, après, qu’elle s’est sentie submergée par les sensations de ses émotions qui l’ont clouées sur place. Le souffle coupé, les mains qui tremblent, le coeur qui s’emballe, les jambes flageolantes, autant de signes qui ont traduit le moment particulièrement stressant qu’elle venait de vivre.

C’est quand l’horizon s’éclaircit, après le choc que nous nous fragilisons. Après avoir mis en marche tout ce qui est indispensable à la survie, c’est comme si nous nous écroulions. Le corps comme le mental qui ont lutté pour entretenir les forces de réaction ou de guérison sont épuisés par la résistance et le stress accumulé. Et quelquefois la convalescence est presque pire que la maladie ou l’accident. A d’autres niveaux bien sur car il n’y a bien sur aucune comparaison à faire. Mais malgré la joie , le plaisir de constater que l’épreuve est passée, les traces que nous en conservons, peuvent détériorer notre état émotionnel.

Notre vie ressemble à ça quelquefois. C’est après l’événement que la souffrance se fait sonore.

Je l’ai constaté en ce lendemain d’attentat à Nice, sur la promenade des Anglais. J’étais venue proposer mon aide – qu’on avait d’ailleurs refusé – au CUM centre d’urgence médicalisé sitôt son ouverture. j’attendais qu’on décide de mon sort sur le perron. J’ai croisé des gens en larmes, complètement désemparés, hagards, qui tombaient littéralement dans bras des personnels accompagnants qui étaient là.

L’événement passé, il reste la peur, les angoisses, les bouffées de chaleur ou la sueur glacée qui coule dans le dos. Les larmes, l’incompréhension, la panique, la tension, la fatigue… Tout un tas de sensations, de conséquences intimement liées à ce que nous sommes, ce que nous avons déjà vécu et comment nous l’avons vécu. Certains semblent plus solides, plus résistants alors que d’autres s’écroulent complètement sans savoir vraiment pourquoi. Sans identifier ce qui les guide à ce moment là.

Les émotions subies laissent des traces dans notre corps. Pendant la convalescence il n’est pas rare de constater par exemple des douleurs ici ou là, des angoisses, une phobie, un sommeil fatiguant, de l’eczéma, des problèmes digestifs ou de transit … Certains symptômes surgissent dans nos vies sans qu’on sache pourquoi. Beaucoup d’études évoquent les liens entre les chocs émotionnels et leurs conséquences avec certaines pathologies lourdes qui apparaissent.

Fatalement si Christine craint les émotions qu’elle ressent rétrospectivement à l’accident, si elle n’en fait rien, ne les comprend pas, les ignore ou les nie, elle prend le risque que les conséquences de ce manque de gestion s’inscrivent dans son corps, sa mémoire et son inconscient comme étant toujours liées à la violence de l’accident. Et quand son cœur palpitera un peu plus elle retrouvera les émotions de l’accident de scooter. Alors qu’elle pourrait être en train de tomber amoureuse, elle comprendra la peur et la violence et s’enfuira devant l’amour de sa vie, sans le savoir…

L’intérêt de la Sophrologie

En apprenant à accueillir nos sensations et toutes nos émotions, en leur faisant de la place en nous, elles se sentent moins à l’étroit. Moins obligées de creuser leur sillon de présence. Elles peuvent glisser, se dissoudre, s’effriter, s’atténuer pour plus d’harmonie, de calme et de paix. Et transformer ce que nous vivons, ce que nous sentons, nous rend acteur de nos vies, capables de faire de vrais choix et toujours plus habiles à ne pas subir les événements sans conscience.

La sophrologie apporte des solutions à l’individu fragilisé. L’idée n’est pas d’empêcher l’apparition de ses sensations corporelles déstabilisantes, c’est de permettre à chacun d’en faire quelque chose, de les accueillir, de les accepter. Pour que leur présence ne développe pas davantage d’émotions incontrôlables, mais simplement la connaissance de nous mêmes.

La pratique de la sophrologie permet d’apaiser les sensations, de les intégrer dans le corps et le quotidien en leur donnant du sens, des raisons d’avoir été. Ainsi les émotions, sources d’informations, s’ajustent à nos besoins véritables.

Tout petit déjà il serait bon d’apprendre à reconnaître les intentions, les messages de nos émotions. Développer notre intelligence émotionnelle pour vivre en étant plus responsable et plus autonome. Surtout plus tranquille, plus serein, plus apaisé. Si j’osais je dirai plus heureux. Le mot est sur toutes les lèvres sans qu’on sache officiellement à quoi il peut s’identifier. Et si on ne l’a pas fait étant enfant, il n’est jamais trop tard pour en prendre conscience et décider de consulter un sophrologue qui va vous accompagner dans le monde de vos émotions et du changement. Dans le monde de vos traces émotionnelles.